Author: Wictoriane
•23:26

Le livre :
Titre original : Pride and Prejudice
Date de parution : 1813
Traduction française par : V.Leconte et Ch.Pressoir
Editions Christian Bourgois (10-18)


J'ai reçu ce livre dans le swap "littérature et thé" de la part de Lou et je me félicite encore d'avoir eu envie de relire Jane Austen, dont je ne possède aucun autre livre, mais je me promets de remédier courant 2008 à cette offense !

L'histoire :
Elizabeth Bennet, l'héroïne, rencontre Fitzwilliam Darcy, un homme dont la condition est supérieure à la sienne, ce qui déjà, la freine dans ses élans, nous pouvons la comprendre. C'est que nous sommes en Angleterre, à la fin du XVIIIe siècle, et que les us et coutumes voulaient que les mariages se fissent sans mésalliance. Pour comble, Darcy lui apparaît comme un être imbu de sa condition et dédaigneux de celle des autres qui lui sont inférieurs. Ce qu'elle voit est corroboré par quelques récits glanés ici et là qu'elle préfère croire, d'autant qu'elle a entendu ce qu'il disait d'elle lors du premier bal qui les voit ensemble :
(extrait)
Mr Darcy se retourna et considéra un instant Elizabeth. Rencontrant son regard, il détourna le sien et déclara froidement :
- elle est passable, mais pas assez jolie pour me décider à l'inviter. Du reste, je ne me sens pas en humeur, ce soir, de m'occuper des demoiselles qui font tapisserie.
Avouez que ce genre de provocation n'est pas pour renforcer l'affection (rires). Bon, leur histoire, débute mal, mais nous n'en sommes qu'au commencement. Plusieurs personnages gravitent autour d'eux, les soeurs d'Elizabeth, les parents, les amis... Sans dévoiler tout, ce qui serait une gageure, je vais me contenter de focaliser sur nos deux tourtereaux. Elizabeth se promet donc de détester ce Darcy qui la snobe, tout en se réservant la grâce de l'impertinence ; il faut avouer que le roman est truffé de bons mots opportuns, le sens de répartie d'Elizabeth égale certainement la colère qui l'anime. Car Darcy est toujours sur son chemin. Leurs rencontres auront raison d'un premier préjugé. Darcy craque et débarque devant Elizabeth pour lui déclarer sa flamme. Abasourdie, celle qui imagine que Darcy est responsable de l'éloignement de l'amoureux de sa soeur, et qui croit qu'il est coupable d'avoir spolié Wickham, le protégé de Mr Darcy père, le repousse avec tout l'abnégation mortifiante dont elle est capable.
(extrait)
Après un silence de plusieurs minutes, il s'avança vers elle et, d'un air agité, débuta ainsi :
- En vain ai-je lutté. Rien n'y fait. Je ne puis réprimer mes sentiments. Laissez-moi vous dire l'ardeur avec laquelle je vous admire et vous aime.
Mesdames, en admettant que vous aimiez ce type, l'auriez-vous repoussé ? Elizabeth le fait, c'est bien plus fort qu'elle. Elle est trop ancrée dans sa certitude d'avoir affaire à un pédant qu'elle ne peut s'y soumettre, et je la comprends. Les apparences sont parfois tellement trompeuses, et Elizabeth est trop entière, se refusant à l'idée de se marier par convenance ou à un homme qui la méprise, ou en tout cas, qui méprise ses origines. Cela en est trop. Les deux amoureux en restent là pour un temps. Darcy ne tarde pas à lui révéler dans une longue lettre les différentes vérités qu'elle ignorait : Wickham, le joueur impudent, a autrefois tenté d'enlever sa jeune soeur en lui promettant un mariage qu'il ne comptait nullement faire. Et il admet avoir tout fait pour éloigner Jane, la grande soeur d'Elizabeth, de Mr Bingley, son grand ami, estimant que Jane ne l'aimait pas assez. Nous y voilà. Peu à peu, Elizabeth va finir par ouvrir les yeux en même temps que son coeur et sa foi. Sa foi en elle. Peu à peu, s'insinue en elle l'idée que Darcy n'est pas, n'est plus, l'homme qu'elle imagine. Mais comment faire pour retrouver grâce aux yeux de Darcy, si toutefois il est encore temps ? Mieux vaut tenter d'oublier cette malheureuse rencontre. Mais c'est impossible, ces deux là se retrouvent encore et encore. Au cours d'une promenade, Darcy et Elizabeth se font face. Elle en profite pour le remercier de s'être occupé de sa plus jeune soeur, enfuie avec le vil Wickham, et que Darcy a obligé aux épousailles, en y ajoutant une belle dot afin d'obliger le jeune fourbe fougeux de s'en accommoder. Il lui affirme qu'il n'a agit ainsi que pour elle, et elle seule.
(extrait)
...votre famille ne me doit rien. Avec tout le repect que j'ai pour elle, je crois avoir songé uniquement à vous... Vous êtes trop généreuse pour vous jouer de mes sentiments. Si les vôtres sont les mêmes qu'au printemps dernier, dites-le-moi tout de suite. Les miens n'ont pas varié, non plus que le rêve que j'avais formulé alors. Mais un mot de vous suffira pour m'imposer le silence à jamais.
Pas mal hein ? Là, Elizabeth est à bout de souffle, elle dit "oui", et nous avec. Les deux amoureux s'avouent l'un à l'autre leur intolérance, leur maladresse, leurs sentiments boursouflés d'orgueil et de préjugés. Evidemment.

Mon avis :
Tout d'abord, je tiens à faire remarquer que, bien qu'il s'agisse d'une histoire d'amour (hum, plusieurs histoires d'amour en réalité), ce roman n'a rien a voir avec ce que vous pouvez imaginer de ce genre de livre, le roman d'amour n'est pas du tout pas tasse de thé. Ce livre relate une ambiance, une époque et ses us et coutumes : les distractions, les convenances. Les parents qui désirent le mariage pour leurs filles, d'autant que celles-ci n'hériteront pas de leur père. Elizabeth est une rebelle à tout cela, elle se moque du "qu'en dira-t-on" et désire plus que tout accomplir son propre bonheur, du moins celui qu'elle s'autorise. Elle est lucide aussi et s'effraye de voir son amie Charlotte accepter le mariage qu'elle a elle-même refusé : épouser un clergyman, son lointain cousin, idiot et lamentablement servile. Impossible pour elle d'imaginer son amie s'unir à ce dévot. Impossible pour elle de se plier à ce genre de marchandages. Son coeur est plus fort que sa raison, assurément. Le rire est de mise dans ce livre, les situations sont cocasses et bien tournées, les relations et dialogues sont savoureux, le plus souvent. Il faut visualiser le père, en proie à sa femme, véritable harpie qui n'hésite pas à jeter ses filles dans les bras d'un beau parti de passage, il faut visualiser les regards échangés entre lui et Elizabeth, nous les imaginons très complices. Pas de longueur, aucun renvoi en bas de page, normal, il s'agit d'un roman "d'époque" et l'auteure romançait son quotidien, ou celui qu'elle aurait pu avoir...

La fiction, c'est aussi cela : mettre du rêve dans l'existence.
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